Autorité et interdits.

Coaching de vie en conversation avec Gérard SÉVERIN psychanalyste.

 

Comment faire pour qu’un enfant obéisse ?

Sachons, tout d’abord, que l’enfant a envie de se faire plaisir, et donc de vivre ses désirs. Il n’imagine pas les conséquences de ses envies sauf celui de satisfaire sa fringale de plaisir.

Pour canaliser ses débordements, les journées des enfants peuvent être parsemées d’interdits :

  • « ne touche pas au four ! »,
  • « ne mets pas tes doigts dans cette prise ! »
  • ou encore « il faut aider ta mère/ton père »

en bref de fais pas ci, fais pas ça.

Les parents apparaissent alors souverains. Ils font la loi, ils sont donc tout-puissants. Peu à peu, l’enfant ne souhaitera qu’une chose : imiter en tous points ses parents tout-puissants et faire la loi comme eux !

Comment l’enfant en arrive-t-il là ?

C’est que ses parents lui donnent des ordres sans explications. Plus les parents commandent sans justifier leurs ordres plus ils fabriquent des graines de tyran ou d’esclave.

Exposer les motifs, expliquer les pourquoi des interdits est-ce suffisant ?

Si un adulte expose les tenants et les aboutissants de ce qui est défendu, l’enfant comprendra les explications et ceci est très important voire essentiel. Les parents doivent justifier le pourquoi de leurs ordres. L’enfant a le droit de comprendre, il ne peut pas se construire sur le caprice de l’adulte. L’enfant a le droit d’avoir une idée claire sur les motifs des devoirs qu’on lui impose.
« Touche pas à ce couteau ! » sans explication alors que vous êtes vous-même en train de vous en servir pour cuisiner va lui paraître étrange. L’enfant voit ces gestes effectués par ses parents souverains, pourquoi y renoncerait-il ? Si vous ne lui expliquez rien, dès que vous aurez le dos tourné il va s’en saisir pour faire comme vous !

Que faut-il faire concrètement ?

Lui dire ou lui redire qu’un couteau peut être dangereux, on peut se blesser, lui comme vous. Que s’il souhaite vous aider, il peut commencer en épluchant les carottes avec un économe ou couper le concombre mais avec un ustensile adapté à son âge et à sa dextérité. Et lui raconter que vous, enfant vous ne manipuliez pas cet instrument.

On le remarque, expliquer les interdits n’empêche pas la contre argumentation de l’enfant, d’où cela vient-il ?

L’enfant comprendra qu’il ne faut pas marcher dans les flaques d’eau : ses chaussures seront sales et il risquera de prendre froid et de s’enrhumer. Il entendra qu’il faut éteindre assez tôt le soir pour être en forme le lendemain afin d’être attentif en cours. N’empêche qu’il a envie d’autre chose. Il a envie de vivre son envie, de se faire plaisir ! De sauter à pieds joints dans la flaque ou de terminer son livre avant de dormir. De ce fait, il ne veut pas faire ce que l’adulte demande. L’adulte exigera alors obéissance et soumission de la part de l’enfant. « Vivement que je sois grand ! » se dira-t-il à lui-même « pour faire ce que je veux ». Mais laissé à lui-même sans « stop », sans frontière, l’enfant ne découvrira pas, n’explorera pas son domaine, son espace, son territoire, ni celui de l’autre, père, mère, frère, sœur, voisin, ami…. Les lois structurent l’enfant, elles sont essentielles !

Que peut-on faire de plus ?

Il me semble important que l’adulte explique que lui aussi est soumis aux mêmes règles :

  • « je ne bois pas d’eau de javel car je pourrais en mourir »,
  • « je ne joue pas avec les allumettes car si une m’échappe il y a un risque d’incendie »,
  • « Si je marche sous la pluie je risque un rhume »,
  • « si je me couche trop tard le soir j’ai du mal à me lever le matin ».

De plus l’enfant croit que ses parents ont toujours été grands, il faut lui dire je le répète :

  • « quand j’avais ton âge c’était pareil pour moi, je n’avais pas le droit de conduire la voiture de mes parents »,
  • « je n’avais pas le droit de regarder la télé, même si c’était mon émission préférée, le soir afin d’être attentif le lendemain pour apprendre à l’école ».

Et puis il faut se souvenir que pour nous c’est parfois pareil, on a beau savoir que le code de la route existe…

Il nous arrive parfois de nous arranger avec certaines règles. On peut être souple comme peuvent l’être parfois les gendarmes avec les automobilistes ou les motards mais il faut que les enfants sentent qu’il y a des stops et des limites forts à respecter à tout prix !

 

Le coaching parental pour vous accompagner

Submit a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *