Désir chez l’enfant et discipline des parents

Coaching de Vie en conversation avec Gérard Séverin psychanalyste.

Comblé, l’enfant n’éprouve ni désir de révolte ni soif de découverte. Il reste dans le vide de l’insatisfaction, incapable d’exercer sa volonté propre. Inversement, trop d’interdits le rendront timoré, prisonnier de l’angoisse des adultes. Les limites doivent exister.

 Le désir chez l’enfant et la discipline des parents

En quoi est-ce important de ne pas combler un enfant ? Il me semble que l’on est plutôt dans le « tout faire » pour que les enfants soient heureux.

L’espace de vie de notre enfant peut être comparé à un espace territorial, par exemple à une commune, à un arrondissement, à un département !….

Il a son territoire que nous allons respecter : c’est l’heure de « son » biberon, c’est l’heure de « sa » sieste, nous faisons alors silence autour de son lit etc… Ainsi, nous respectons les limites de son territoire.

Cette attitude de son entourage peu à peu lui sera un modèle pour que les parents lui expliquent le pourquoi de leur action :

  • « attends un peu, ton biberon n’est pas chaud ».
  • « Patiente pour manger nous ne sommes pas tous installés à table ».
  • « debout ! C’est l’heure de te prépare pour l’école »
  • etc….

C’est ainsi que les parents lui indiquent son territoire avec ses limites et ses possibilités.

Bien sûr l’enfant à certains moments se sent frustrés. Il ne veut pas des limites imposées, il ne voudra pas quitter ses jeux pour aller au lit ou pour faire ses devoirs.

Son territoire, il le sent devient trop petit, trop étroit !

Parents…tenez bon ! Si vous écartez la coquille quand le poussin tente de naître, jamais il ne pourra vivre son « désir » de vivre. Il mourra. C’est en forçant les parois de sa coquille que ses ailes prennent de la force et que ses pattes deviennent résistantes et énergiques. Par son obstination son désir d’en sortir s’affirme…et il s’en sort ! Parfois on peut arroser la coquille pour l’assouplir mais pas plus, parfois vous sentirez que votre enfant à besoin d’encouragement, d’un coup de main que vous lui montriez que vous êtes avec lui.

 

Vous voulez dire qu’il en est pareil pour les enfants que pour les poussins, il ne faut pas toujours faire pour eux, il faut les laisser être ?

C’est bien là l’idée, il faut les laisser avoir envie, ne pas les combler, ne pas faire pour eux.

 

On pourrait être tenté de tout interdire.

Il faut un entre deux. Un enfant enveloppé de défense, serré de toutes parts par des interdits fruit de l’inquiétude des parents ou du monde adulte craintif, cet enfant-là sera paralysé, sans élan, piégé dans l’angoisse des adultes.

Ce mariage entre désir et loi n’est pas facile. Mais sans lui, l’enfant ne fera jamais rien. Il ne pourra jamais être scientifique, ni artiste, ni manuel. Voyez l’ordre qu’il faut dans un atelier de mécanique, on ne bricole pas une voiture selon sa fantaisie. Il y a des règles et il faut les appliquer même quand on n’en a pas envie. Dans la même idée, une grue ne se manœuvre pas selon l’humeur du grutier. On ne confectionne pas un gâteau en restant dans les nuages.

 

Vous voulez dire qu’il faut des règles, de la discipline pour que l’enfant se construise en s’y confrontant, c’est ça ?

C’est dans l’ordre des choses, comme on dit, que l’enfant puis l’adolescent contestent les dire des parents et la discipline qu’ils imposent. Ils passent leur temps à user notre autorité pour notre plus grand agacement. C’est ainsi que l’enfant se « fabrique ».

 

Parfois c’est usant pour les parents de résister à leurs enfants ou adolescents.

Ça peut parfois être usant, c’est vrai, mais il faut que les parents résistent. S’il n’a jamais de loi à transgresser, ni de discipline à outrager, ni une morale à remettre en cause, le jeune marchera dans une plaine sans limite. S’il ne rencontre jamais d’adulte qui lui résiste, jamais il ne sera résistant, il ira dans un vide sans fin.

Sans loi, il ne reste plus au jeune qu’à devenir un hors-la-loi pour en trouver une, pour trouver enfin une limite mais elle s’appellera… « prison » !

 

Le coaching parental pour vous accompagner

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