Dire ses sentiments… Ce n’est pas facile !

Une amie me répondait que c’était difficile pour elle de dire à quelqu’un ce qu’elle ressentait. En effet, elle avait du mal à verbaliser même pour elle-même, du mal à se livrer, à accepter de devenir dépendante des personnes qui reçoivent ses confidences mais aussi être prête à entendre les sentiments que l’autre veut bien partager en retour.

Remarquons  qu’exprimer ses sentiments s’apprend tout petit. Au début c’est choses naturelle, le bébé pleure pour dire qu’il a besoin de quelque chose et en fonction de la réaction de ses parents face à son expression il va s’adapter. Si ses pleurs sont acceptés et qu’il sent l’amour inconditionnel de son père et de sa mère il se sentira en sécurité pur continuer « à parler ». A l’inverse si on le met tout seul dans sa chambre porte fermée il apprendra à se taire. Je recommande un excellent livre d’Aletha SOLTERS « pleurs et colères des enfants et des bébés  – une approche révolutionnaire» pour être plus à l’aise face aux pleurs de son nourrisson et savoir les entendre et les accompagner.

Heureusement, même si nos pleurs n’ont pas été écoutés quand nous étions petits ou si nous n’avons pas écouter ceux de nos enfants, exprimer ses sentiments est toujours possible et si nous ne sommes pas à l’aise avec cette idée cela s’apprend. Par petite dose, par petite touche, doucement nous pouvons nous connecter avec nos sentiments, nos émotions  et apprendre à les identifier puis à les verbaliser. Sans cette mise en mot se seront des maux qui vont sortir de nous, le corps prend le relais des paroles non dites….

Apprendre à dire ses sentiments

De la même manière que nous apprendrons à dire, il faudra apprendre à écouter, entendre, recevoir ce que notre enfant, notre ado, nos parents, amis ou conjoints aura à nous dire. Le modèle de la communication empathique plus connue sous le nom de communication non violente (CNV) nous apprend à communiquer en quatre étapes :

  1. Observation (j’entends ce que l’on me dit)
  2. Sentiment (ce que cela me fait)
  3. Besoins (quel est le besoin qui émerge en moi quand j’entends ce que l’autre me dit)
  4. Demande (en tenant compte de ce que l’autre m’a dit, de ce que cela m’a fait et du besoin identifié, je formule une demande)

Et pour mettre toutes les chances de son côté pour être entendu dans sa demande, il vaut mieux dire ‘j’ai besoin de ….» plutôt que « j’ai besoin que…. ».

Plus nous seront au clair avec nos sentiments, nos besoins (que ces derniers soient satisfaits ou non il est plus important de les reconnaître que de les satisfaire) et plus nous seront enclins à écouter et à prendre en compte ceux de l’autre et ainsi entrer dans des conversations de cœur à cœur et dire ses sentiments.

Ecoutez-vous pour écouter les autres et pouvoir dire et se dire !

 

Karina SEVERIN

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